Valérie S., psychothérapeute de 59 ans, sera jugée en septembre 2026 par le tribunal correctionnel de Créteil. Elle est accusée d’avoir induit de faux souvenirs de viols et d’agressions sexuelles chez deux patientes, Élodie et Chloé, en abusant de sa position de confiance.
Ces accusations ont conduit les deux femmes à rompre avec leur famille et à porter plainte contre leurs proches pour des faits remontant à leur enfance.
Après une thérapie avec Valérie S. (2018-2020), Élodie accuse sa mère de l’avoir agressée sexuellement dans son enfance. Une plainte est déposée en 2022, mais l’enquête est classée sans suite, faute de preuves. Sa mère, Claudia (elle-même psychothérapeute), découvre que Valérie S. a déjà fait l’objet de signalements pour des méthodes controversées.
En 2022, alors en thérapie, Chloé dépose plainte contre son père pour des viols commis lorsqu’elle avait 2 ou 3 ans. En 2023, elle dépose deux nouvelles plaintes, contre son père et sa mère, pour viols sur ses propres enfants, accusations non confirmés par les examens médicaux. (L’enquête est classée sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée). La sœur de Chloé, inquiète, s’adresse à une agence de détectives privés, qui révèle le recours à des techniques alternatives (EMDR, TABC), et un manque de neutralité : la thérapeute suggérerait des traumatismes anciens expliquant son mal-être et ne mènerait pas de travail sur la véracité d’éventuels souvenirs de viols ou agressions sexuels.
Valérie S. nie toute manipulation. Elle affirme avoir simplement recueilli la parole de ses patientes. Ses avocats contestent la légitimité des poursuites, arguant que l’infraction d’abus de faiblesse ne s’applique pas à une relation thérapeutique. Les parties civiles, elles, dénoncent une grille de lecture systématique : tous les problèmes seraient liés à des abus sexuels subis dans l’enfance.
Cette affaire illustre le phénomène controversé des faux souvenirs induits, qui aurait déjà disloqué 2 000 familles en France et en Belgique selon l’association Alerte Faux Souvenirs Induits. Pourtant, les poursuites contre les thérapeutes restent rares.
(Le Parisien, 5.07.26, article avec abonnement : https://www.leparisien.fr/faits-divers/faux-souvenirs-vraies-accusations-une-psychotherapeute-accusee-davoir-induit-des-viols-05-07-2026-IHZ7LMP6HNG4BICYOO2G4MNIWE.php?ts=1783329499883)
