Dans l’affaire secouant la Communauté des Béatitudes, le tribunal correctionnel de Rodez a condamné Pierre-Etienne Albert le 1er décembre 2011 à cinq ans de prison pour 38 agressions sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans par personne ayant autorité.
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Béatitudes
Communauté des Béatitudes
Editorial
C’est compter sans la difficulté de fournir devant la justice des preuves recevables
de ces abus, difficulté d’autant plus grande que les techniques de communication
et d’influence, largement utilisées dans tous les domaines de la vie publique et privée, ne cessent de gagner en subtilité… et efficacité.
C’est aussi compter sans le pouvoir et la capacité des manipulateurs (groupes ou individus) de rendre très difficile le recours à la justice de la part de leurs « adeptes ».
Il faut beaucoup de courage et de lucidité à une victime pour porter en justice un contentieux avec une de ces sectes qui revendique à son profit le respect des libertés qu’elle dénie à ses adeptes.
Il faut du courage à qui ose attaquer une organisation sectaire financièrement puissante. Pour ne pas perdre, celle-ci mobilise des avocats habiles à faire traîner la procédure, et active ses réseaux pour décourager les témoins, tenter d’influencer les experts -voire les juges, comme le rappelle à propos des USA, l’avocat américain Graham Berry (voir p.9).
Il faut du courage à un ancien adepte pour surmonter ses sentiments de culpabilité
et de honte et affronter la pression morale du groupe et du gourou qui connaît généralement tout de lui. Il court le risque de ne pas être entendu ni compris, un non-lieu pouvant alors représenter pour lui une deuxième peine.
Il faut du courage à un parent désireux de soustraire ses enfants à un embrigadement précoce, de la ténacité aussi, pour se faire entendre sans être accusé d’atteinte à la liberté de croyance (voir p. 3).
Accompagnant familles et ex-adeptes depuis de longues années, nos associations savent combien l’action de la justice est indispensable pour redonner leur dignité aux victimes, pour mettre une limite à la toute puissance des gourous, pour protéger les personnes les plus vulnérables, tout particulièrement les enfants.
Les stages Agapèthérapie au Puy-en-Velay
Depuis dix ans, plus de 7.000 personnes ont suivi des stages d’Agapèthérapie mis en place par Bernard Dubois, membre de la Communauté des Béatitudes depuis 1987, ancien médecin-pédiatre âgé de 58 ans dans le cadre de l’association Anne-Peguy Agapè.
En 2011, ce sont plus de 1.500 personnes qui ont suivi ces stages dans les bâtiments du Grand séminaire au Puy en Velay (43). Le succès est donc considérable. Bernard Dubois lui-même explique que l’Agapè ou Agapèthérapie « est une retraite dont le but principal est de goûter et de rencontrer l’amour de Dieu ». Il affirme ne pas être thérapeute mais se trouver « dans une démarche spirituelle ».
Depuis des années, Bernard Dubois fait pourtant l’objet de vives critiques et les témoignages d’anciens stagiaires se multiplient. Il est question d’emprise mentale, de déstructuration psychologique et de rupture familiale. Les victimes lui reprochent de mélanger psychologie et spirituel, et de leur « faire revisiter » leur prime enfance pour y rechercher de supposés] traumatismes causés par leurs proches ou leurs… ancêtres.
Ainsi un homme a récupéré son épouse déjà fragile « en lambeaux » après qu’elle ait suivi plusieurs sessions Agapè au Puy-en-Velay. Il raconte qu’elle a commencé à poser des questions à sa famille pour savoir « si elle n’avait pas eu un ancêtre qui aurait connu une mort bizarre » et « pourquoi sa mère ne lui avait pas dit qu’elle avait eu un jumeau mort dans l’utérus » ! Cette session Agapè l’a écartée des psychanalystes compétents qu’elle aurait dû consulter. Le mari réfléchit actuellement à une plainte « pour exercice illégal de la médecine » et il est très « remonté » contre l’Eglise car son épouse « ne serait jamais allée suivre ce genre de déviance et de délire si cela ne s’était pas fait sous couvert de l’Eglise ». Car chaque session Agapè est annoncée depuis des années sur le site internet du diocèse du Puy « sous la bienveillance et l’autorité de monseigneur Henri Brincard »…
Face aux souffrances des proches qui font les frais des sessions Agapè, un groupe de réflexion « Spirituel et Psychologie » a été mis sur pied par la conférence des évêques de France. Un rapport confidentiel en est sorti. Le journal « L’Eveil de la Haute-Loire » qui a pu le consulter n’a pu que constater que l’analyse des stages y est « accablante ». Figure également dans ce rapport l’analyse d’un psychiatre des hôpitaux qui alerte sur la dangerosité potentielle de ce genre de stages.
Interrogé par le journal, « L’Eveil de la Haute-Loire », le président de la Miviludes, Georges Fenech, est « étonné et surpris » que Bernard Dubois organise des stages employant des « méthodes non validées ». La Miviludes va donc saisir les autorités préfectorales de Haute-Loire, l’Agence régionale de santé, le conseil de l’ordre départemental des médecins et écrire à l’évêque Henri Brincard. De son côté, le Centre contre les manipulations mentales (CCMM) recense des témoignages sur les stages conduits par Bernard Dubois depuis des années.
Enfin, une victime, Myriam Michelena, qui a passé plusieurs années dans une communauté des Béatitudes où Bernard Dubois était le « berger » (le responsable) explique qu’elle a « perdu la régulation de ses émotions ». En 2005, après être sortie de cette communauté avec son mari et ses enfants, elle avait voulu porter plainte contre Bernard Dubois pour abus de faiblesse. Sauf que les faits étaient trop anciens et la justice les a déclarés prescrits.Le livre « Les Marchands d’âmes », écrit par Pascal Michelena, est paru aux Editions Golias en 2007.]] Brisée, elle vient de passer un mois à l’hôpital après une deuxième tentative de suicide.
Voir sur le site de Psychothérapie Vigilance :
Un prêtre de la communauté des Béatitudes en garde à vue
Il y a environ deux semaines, Dominique Savio, 43 ans, avait été placé en garde à vue par les enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire à Nanterre (Hauts de Seine) dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte depuis un an par le parquet d’Epinal (Vosges).
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Enquête sur un procès révélateur
Golias Magazine livre le récit intégral du procès de Pierre-Etienne Albert qui s’est déroulé à Rodez les 30 novembre et 1er décembre 2011. Ce dernier, ex-chantre de la Communauté des Béatitudes, était jugé pour des actes pédophiles.
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Que sait-on de ? Les Béatitudes
Les permanents et bénévoles des différentes ADFI le savent bien, depuis plusieurs années, les appels se multiplient : « Connaissez-vous un groupe, les Béatitudes, ils ont un chef, dénommé le berger, ils vivent bizarrement… ».Jusque là, rien à redire, mais voilà que la conversation se poursuit : « ma fille a rejoint la communauté, je ne peux plus la voir » ; ou bien : « j’en faisais partie, j’en suis sorti, voilà comment ça se passe, voilà ce que j’ai subi pendant toutes ces années » ; une épouse : « mon mari, après un stage dans la communauté, était méconnaissable mentalement, mes quatre enfants et moi avons dû nous sauver, il avait détecté Satan en nous car nous ne voulions pas nous convertir, et par ce fait, il fallait nous détruire… »
La polémique enfle
En décembre 2011, « L’Eveil de la Haute-Loire » a publié une enquête sur les sessions psycho-spirituelles Agapê organisées dans les locaux du diocèse au Puy en Velay [L’Eveil de la Haute-Loire daté du 28 décembre 2011. Voir la synthèse de cet article sur ce [site .]]. De son côté, le site internet de Golias Hebdo[1] mettait en ligne, début janvier 2012, le rapport « confidentiel » des évêques sur les dérives du psycho-spirituel.
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Les Béatitudes dans la tourmente
Ces derniers temps, la presse s’est penchée sur la Communauté des Béatitudes. Des journalistes de La Vie et du Nouvel Observateur ont mené des enquêtes fouillées. Quelque temps auparavant, Le Canard Enchaîné (voir Bulles n°93, 1er trimestre 2007) et Golias avaient, eux aussi, essayé de comprendre le fonctionnement de ce mouvement controversé.
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L’Agapè et Les Béatitudes : quels liens ?
Comment l’Agapè du Puy en Velay s’enracine-t-elle dans la communauté des Béatitudes ? Le collectif CCMM (Centre contre les Manipulations Mentales) s’interroge sur les liens existants.
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Familles victimes des dérives de la Communauté des Béatitudes
Depuis des années, des familles sont brisées suite à l’entrée d’un des leurs dans des communautés de laïcs des Béatitudes ou dans des monastères contaminés par la doctrine de la guérison psycho-spirituelle. Elles sont venues chercher écoute et aide auprès des ADFI : en effet depuis 2001, des parents catholiques, pratiquants pour la plupart, avaient alerté l’Eglise, lui demandant aide et assistance mais n’avaient pas trouvé l’accueil qu’ils espéraient, et avaient même le sentiment amer de déranger l’institution.
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