Le charlatanisme fait débat à Nantes

Le samedi 3 novembre 2012, un séminaire vantant de « supposées méthodes d’autoguérison » a eu lieu à Nantes, animé par les québécois Guy Corneau et Pierre Lessard. Sur ce qui tient lieu de programme, il était annoncé que les animateurs se proposaient de guider les participants pour les amener à « dialoguer avec leurs cellules ». L’association nantaise, « Langages », à l’origine de ce séminaire, facturé 100 euros, avait annoncé près de 180 inscriptions.

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La Raison contre la Foi

Depuis ces dernières années, nous assistons à une « banalisation de l’ésotérisme et de l’occultisme », consacrant ainsi le retour de la pensée magique et des « patamédecines ». Les individus, confrontés à leurs angoisses et à des « questions légitimes auxquelles la puissance publique ne répond pas toujours » peuvent alors se tourner vers les sectes, déclare la présidente de l’UNADFI, Catherine Picard. Ces dernières, pourtant, n’apportent que de « fausses réponses » à de « vraies questions ».
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Des hôpitaux harcelés par un groupe lié à la scientologie

Prétendant lutter contre les internements abusifs, la CCDH (Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme), affiliée à la Scientologie, réclamait depuis cinq ans des documents au centre hospitalier spécialisé Edouard Toulouse, l’un des principaux hôpitaux publics psychiatriques de Marseille. Le tribunal administratif vient de condamner cet hôpital à communiquer à la CCDH les documents réclamés ! L’établissement n’a pas fait appel « estimant ne pouvoir obtenir gain de cause en l’état actuel de la réglementation ».
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Le phénomène des faux souvenirs… Un vrai cauchemar

Depuis quelques années sont parvenus aux ADFI un certain nombre de témoignages révélant l’apparition en France d’un phénomène qui nous paraît constituer un véritable danger pour les familles et l’intégrité de la personne. Apparu aux Etats-Unis au début des années 80, ce phénomène est connu sous le nom de  » mémoire retrouvée  » ou du  » syndrome des faux souvenirs « . Au cours d’une psychothérapie, des souvenirs traumatisants d’abus sexuels ayant eu lieu soi-disant durant l’enfance ressurgissent, vingt ans plus tard, à la mémoire. Pourtant, aucun de ces prétendus souvenirs d’enfance n’aurait existé avant le début de la thérapie. Ainsi, les patients, certains d’avoir retrouvé la cause de leur souffrance interne, accusent leurs parents d’inceste. S’agit-il d’une technique utilisée afin de reconstruire le passé et l’identité d’une personne dans le but de la contrôler, d’exercer son pouvoir et instaurer une relation d’emprise, de la séparer et de l’isoler de sa famille ? S’agit-il d’une dérive où l’acharnement thérapeutique, qui consiste à retrouver à tout prix dans la mémoire des souvenirs grâce à des questions suggestives, à chercher de façon intrusive une parole qui ne vient pas, à se focaliser activement sur la maltraitance et les abus sexuels, démontre une position confuse où se mêlent militantisme et fonction thérapeutique ?

 

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Editorial

Le 10 avril dernier, la commission sénatoriale rendait son rapport « Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger », dont Bulles rend compte en deux parties, dans ce numéro et le suivant.

S’appuyant sur les auditions d’un large panel de personnes et une documentation fournie, ce travail très intéressant permet, entre autre, de se faire une idée de la multiplicité et de la variété des propositions de soin présentes aujourd’hui dans notre société. Parmi celles-ci figurent un grand nombre de « pratiques non conventionnelles » qui diffèrent fondamentalement de la médecine conventionnelle par leurs conceptions de la maladie. La commission a fait le constat que la mise en pratique de ces conceptions peut parfois se traduire par des mauvais traitements ; elle peut aussi être à l’origine de l’emprise du « thérapeute » sur son « client ».

Dans les mouvements sectaires, un certain nombre de croyances sous-tendent les diverses théories relatives à la santé. Une adhésion inconditionnelle à de tels mouvements, ou à un gourou, peut apporter aux adeptes convaincus des réponses à leurs questions existentielles et la certitude que les comportements ou actions exigés sont, à long terme, bénéfiques pour soi et pour l’humanité. Elle peut cependant aussi les conduire à « subir des mauvais traitements dégradant leur état physique et mental », ou à être privés de soin. Quels que soient les éventuels doutes de l’adepte sous emprise, la soumission exigée ne lui permet plus de faire un choix personnel libre et raisonné.

La liberté de croyance est une liberté fondamentale, dont on sait aussi qu’elle peut servir d’argument à des abus de pouvoir, comme en témoignent les récits et informations recueillis par nos associations. Les conséquences de ces abus peuvent être lourdes, parfois dramatiques, pour les personnes dont ils « compromettent les chances de guérison, voire de survie ». Peut-on parler de libre choix thérapeutique lorsque un adepte est soumis à des pressions, au chantage affectif, au contrôle de sa vie privée ?