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« Je suis encore hantée par mon passé »

Magalie est âgée de 15 ans lorsqu’un soir de 1996, sa mère, Eliane Deschamps, prétend voir la Vierge. « C’est le début d’un engrenage » car sa mère affirme que « l’apparition » lui demande de se rendre le 15 de chaque mois à 6 heures précises dans les bois de Plombières-lès-Dijon (Côte d’Or).

Les « apparitions » de sa mère rassemblant de plus en plus de monde, cette dernière décide de fonder une « communauté » dans sa propre maison où elle accueille des fidèles moyennant une rétribution financière.

Magali raconte qu’elle devait obéir aveuglément à sa mère et alors qu’elle travaillait comme serveuse, lui verser l’intégralité de son salaire. A 24 ans, Magali échappe à son emprise.

Fin 2008, après avoir quitté la communauté, Magali avait vainement tenté de rencontrer l’archevêque de Dijon, Roland Minnerath. Ce dernier n’avait pas souhaité la recevoir.

A l’époque, Magali avait alors témoigné dans la presse se plaignant qu’il n’ait pas « un regard objectif » sur Eliane Deschamps, l’accusant même de la « couvrir ».

Source : BFMTV, Alexandra Gonzalez, 25.04.2013

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La fièvre de l’ayahuasca

France Inter a consacré son émission « La tête au carré », du 10 octobre 2013, au tourisme chamanique. Étaient invités Jean-Loup Amselle (Jean-Loup Amselle est anthropologue et ethnologue Directeur d’études à l’EHESS et rédacteur en chef des Cahiers d’études africaines.) qui vient de publier Psychotropiques. La fièvre de l’ayahuasca en forêt amazonienne et Vincent Ravalec, auteur et réalisateur, qui a témoigné dans deux ouvrages[1] de son expérience chamanique.
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Le baptême des morts

La chaîne suisse RTS a consacré un reportage à une pratique mormone qui suscite la controverse : l’enregistrement et le stockage des données généalogiques.

Pascal Jean-Prost, membre de l’Eglise des Saints des derniers Jours, numérise les archives cantonales vaudoises dans le but de retrouver des membres de familles mormones et de les baptiser à titre posthume. Microfilmées auparavant, les données des états civils sont aujourd’hui numérisées et envoyées directement à Salt Lake City, siège mondial de l’église. Les fichiers sont vérifiés, indexés et stockés sur les serveurs qui se trouvent dans un gigantesque complexe souterrain capable de résister à toute catastrophe naturelle ou nucléaire. Une copie est ensuite envoyée au propriétaire des archives comme celles du canton de Vaud.

Les mormons se sont donné les moyens de réaliser la bibliothèque généalogique la plus importante au monde. Le risque est qu’ils s’approprient cette mémoire et qu’ils décident un jour de la fermer au public. L’autre problème est que les données généalogiques sont devenues des marchandises et que les mormons font du commerce avec la généalogie.

Mais les mormons n’accèdent pas à ces données par simple curiosité pour leurs ancêtres mais pour accomplir un acte religieux : le baptême des morts. Les mormons pensent en effet que les morts et plus généralement tous les humains doivent avoir été baptisés pour accéder à la plénitude.

Les baptêmes pour les morts se déroulent dans les temples, non ouverts au public.
Pascal Jean-Prost précise que « le baptême n’est valable et agissant que si la personne, dans l’au-delà, accepte ce baptême. » Il a lui-même vécu le baptême par procuration plusieurs fois et dit avoir « ressenti une joie, parfois un soulagement, comme s’il y avait un poids qui s’enlevait de moi ».

Cette pratique est au cœur du débat sur l’identité. Toute conversion est un changement d’identité.

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