Editorial

L’emprise, qui vise à obtenir d’un individu, par diverses techniques, un engagement durable et extensif suppose que soit limitée ou même exclue toute critique ou influence divergente. Les dérives sectaires s’accompagnent donc, le plus souvent, de stratégies éprouvées pour isoler les victimes de leur environnement familial et social : activités multiples, obligatoires ou fortement encouragées, déplacements fréquents ou envoi dans un pays lointain, déménagement avec adresse tenue secrète, allusions négatives ou accusations graves envers des personnes de l’entourage proche, etc.

Lorsque l’emprise s’exerce au sein d’un groupe, cette coupure avec l’extérieur se double d’un contrôle des relations entre les membres ; le gourou s’immisce dans les relations amicales, intervient pour faire ou défaire des couples, se substitue aux parents auprès de leurs enfants.
Les liens, fondés sur le partage de croyances et de pratiques imposées, ne sont bien souvent qu’apparence, les membres apprennent à se méfier les uns des autres.

Sur l’individu ainsi subtilement isolé, le gourou (ou les dirigeants) fait pression pour contrecarrer tout désir d’autonomie. L’emprise ne supporte en effet aucun désaccord ou comportement non conforme, la sanction est alors l’exclusion… La responsabilité en incombe tout entière à l’exclu. Il est accusé de trahison, d’actions ou d’intentions perverses, sa réputation est détruite, et les adeptes restés dans le groupe doivent l’éviter.

Quelles que soient les motivations de ce bannissement — inciter la personne à faire totale allégeance pour espérer retrouver les siens, garder « pure » la communauté en la préservant de toute « contamination », terroriser les membres restants — cette pratique est une atteinte à la liberté de conscience[1]. Cette atteinte doit être dénoncée et devrait être sanctionnée… s’il n’était pas si difficile et incertain pour les victimes de porter plainte.

Une fois encore, il faut insister sur la nécessité de développer la connaissance et la compréhension du phénomène d’emprise notamment auprès des acteurs de la Justice.

[1] Déclaration universelle des Droits de l’Homme, Article 18 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction […] »

La Scientologie en Belgique

Lobbying

En achetant en 2003 le bâtiment situé au 91 rue de la Loi à Bruxelles, la Scientologie a voulu se donner le visage d’une organisation «caritative », et c’est sur trois étages qu’elle a installé son «Bureau Européen des Relations Publiques et des Droits de l’Homme», transférant ainsi son centre de Copenhague à Bruxelles. Seulement trois ans après, elle vient d’acheter d’autres bâtiments au 100, 101, 102 et 103 boulevard de Waterloo ! 7.000 m2 situés entre le Service public fédéral de Justice et le Palais de Justice. L’inauguration «en grande pompe » devrait se dérouler au mois d’octobre prochain. Cette implantation n’est que le premier acte pour tenter d’infiltrer les institutions européennes et elle essaie actuellement « de programmer une conférence sur les Droits de l’Homme» au Parlement européen qui demeure sa « cible suprême ». Les scientologues se doivent en effet « d’éduquer» la Commission et le Parlement Européen pour les « rallier à leur cause » et « en prendre le contrôle pour sauver la planète » !

Le deuxième acte des dirigeants scientologues vise à « créer dix missions et quinze groupes autour de la grande Eglise de Bruxelles » mais pour cette ambitieuse tâche, elle doit recruter de nouveaux adeptes. Et pour cause : en Belgique, le nombre des membres actifs ne se monterait qu’à 200! Des délégations étaient donc venues en renfort de Belgique, de France, d’Allemagne, de Hollande, du Luxembourg et de Suisse pour assister à une conférence de cadres européens de la secte et…pour s’entendre dire qu’ils étaient entrés « en guerre ». (…)

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