Editorial

Le développement des outils de communication, particulièrement d’Internet, permettant aujourd’hui de s’informer rapidement et largement, on peut s’étonner qu’il y ait encore des personnes pour croire et suivre des « gourous » en tout genre et se retrouver sous leur emprise jusqu’à subir de graves préjudices non seulement matériels mais aussi moraux, psychologiques, affectifs.

Bien sûr, on peut penser que les manipulateurs profitent de la crise économique et d’un certain désarroi idéologique, pour proposer des réponses (mauvaises) aux multiples questions que chacun peut se poser. Mais il faut aussi constater que sectes et escrocs s’adaptent avec aisance aux mutations des sociétés, et qu’ils savent habilement utiliser à leur avantage des psychotechniques en plein essor.

« Les sectes avancent masquées » prévenait-on déjà il y a quelques années. Aujourd’hui, il faut ajouter que leur terrain d’action s’est élargi, en particulier aux domaines de la santé et du développement personnel, et qu’il est plus difficile de détecter un masque dans une société de plus en plus diversifiée.

Il faut pourtant faire l’effort de soulever les masques, car une proposition séduisante peut se révéler un véritable piège. Plusieurs articles de ce numéro de Bulles permettent d’appréhender un peu plus cet « envers du décor » qu’il importe de connaître avant de s’engager.

Par exemple, le néophyte séduit par la proposition scientologue d’améliorer ses performances et sa maîtrise des situations, sait-il que l’appartenance à cette organisation, qui se prétend église, est liée à l’application rigoureuse de
règlements internes bien éloignés des valeurs qui fondent nos démocraties ? C’est ce que rappelle l’avocat américain Graham Berry, en relatant la naissance et
l’action du mouvement des Anonymous : mouvement lancé aux Etat-Unis, et maintenant présent dans le monde entier, par des citoyens indignés des procédés de la Scientologie pour maintenir son statut et éliminer toute opposition. Leur signe de ralliement : un masque ! Mais bien identifiable, celui-là, parce que destiné à contrer les méthodes scientologues et non pas à masquer un autre but.

Royaume-uni / La Scientologie est-elle vraiment une religion ?

La Scientologie est donc maintenant officiellement reconnue comme une « religion » par le Royaume-Uni. La Cour suprême a donc considéré qu’il s’agit d’un « système de croyance spirituelle ou non laïque » qui « prétend expliquer la place de l’homme dans l’univers et sa relation avec l’infini » et donner aux gens des conseils sur la vie.
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Le test de personnalité de la Scientologie

Dans BULLES n° 64 de 1999, nous avions déjà publié un article à ce sujet. Nous pointions alors le caractère manipulateur des questions du test, et nous insistions sur le danger de répondre nominativement à des inconnus.

Depuis 1953, ce test est un des moyens les plus utilisés par la Scientologie pour attirer de nouvelles recrues : distribué dans les boîtes aux lettres et sur la voie publique, il est désormais diffusé plus largement par internet, ce qui n’est pas sans conséquence quand on connaît l’impact de ce média notamment sur les jeunes. (…)

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Traitement des opposants

L’Ethique et les Sources Potentielles d’Ennuis (PTS)

L’entourage de l’adepte

Au fur et à mesure de la « progression » d’un scientologue dans l’échelle des OT, ses anciennes règles de morale sont mises à mal par les règles morales internes (Ethique), uniquement orientées vers la diffusion de la doctrine (dissémination)
dans le monde. Le travail de coupure de ses relations personnelles avec les nonscientologues, appelés Raw Meet (viande crue) ou Wog (en anglais, « métèque »; en Scientologie terme péjoratif désignant ceux qui ne sont pas scientologues) est entrepris sur lui depuis le stade où l’auditeur détecte qu’il a un problème avec quelqu’un de sa famille, sa mère sans doute, ou bien son père ; il lui est alors conseillé de prendre de la distance avec elle ou lui, probablement ennemi de « l’église» ou tout au moins qui gêne son développement et qui est une Source Potentielle d’Ennuis (PTS). (…)

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La Scientologie en Belgique

Lobbying

En achetant en 2003 le bâtiment situé au 91 rue de la Loi à Bruxelles, la Scientologie a voulu se donner le visage d’une organisation «caritative », et c’est sur trois étages qu’elle a installé son «Bureau Européen des Relations Publiques et des Droits de l’Homme», transférant ainsi son centre de Copenhague à Bruxelles. Seulement trois ans après, elle vient d’acheter d’autres bâtiments au 100, 101, 102 et 103 boulevard de Waterloo ! 7.000 m2 situés entre le Service public fédéral de Justice et le Palais de Justice. L’inauguration «en grande pompe » devrait se dérouler au mois d’octobre prochain. Cette implantation n’est que le premier acte pour tenter d’infiltrer les institutions européennes et elle essaie actuellement « de programmer une conférence sur les Droits de l’Homme» au Parlement européen qui demeure sa « cible suprême ». Les scientologues se doivent en effet « d’éduquer» la Commission et le Parlement Européen pour les « rallier à leur cause » et « en prendre le contrôle pour sauver la planète » !

Le deuxième acte des dirigeants scientologues vise à « créer dix missions et quinze groupes autour de la grande Eglise de Bruxelles » mais pour cette ambitieuse tâche, elle doit recruter de nouveaux adeptes. Et pour cause : en Belgique, le nombre des membres actifs ne se monterait qu’à 200! Des délégations étaient donc venues en renfort de Belgique, de France, d’Allemagne, de Hollande, du Luxembourg et de Suisse pour assister à une conférence de cadres européens de la secte et…pour s’entendre dire qu’ils étaient entrés « en guerre ». (…)

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