Extraits de l’étude « Spécificités des violences exercées à l’encontre des enfants dans les groupes sectaires », publiée dans le rapport de la Miviludes 2016-2017. L’auteure, Delphine Guérard, est psychanalyste, psychologue clinicienne, ancien expert près la cour d’appel de Paris. Elle aborde la question de la violence sectaire à l’encontre des enfants à partir de son travail clinique, auprès de très jeunes adultes et d’adultes ayant vécu leur enfance dans un groupe sectaire. Son expérience la conduit à souligner la multiplicité des formes de maltraitances dont sont victimes les enfants dans le milieu sectaire et les conséquences de ces violences sur leur vie psychique. Lire la suite
Le cas des mineurs
Un nombre important d’enfants nés ou éduqués dans un milieu sectaire totalitaire est confronté à des risques importants de maltraitance de la part non seulement de leur entourage familial mais également des autres membres du groupe, et en particulier du gourou.
L’enfant évoluant dans un environnement sectaire est menacé à deux titres : en tant que mineur et en tant qu’adepte. Son statut de mineur le place de fait dans un état de vulnérabilité. Il est privé de son libre arbitre et de sa capacité à penser et agir par lui-même. Il doit tenir un rôle, remplir une mission auprès du groupe et du leader avec une obéissance absolue.
Dans ce cadre de vie perverti, les actes de maltraitance sont présentés par ceux qui les commettent comme profitables à celui qui les subit. Pire, ces actes deviennent des valeurs.
La cellule familiale ne représente plus la cellule de base, elle est soumise à l’autorité et au contrôle du groupe. Les parents sont dépossédés de leur autorité parentale et de leurs fonctions transférées à la structure sectaire.
La Direction de protection de la jeunesse du Québec plus réactive
La Direction de protection de la jeunesse du Québec a constaté une hausse de l’intervention des services sociaux auprès des familles sous influence de groupes sectaires.
Idéologies radicales : des enfants formatés… à jamais?
À la suite du dernier rapport du CIAOSN, l’auteur prolonge la réflexion sur le « Formatage idéologique des enfants ».
L’enfant qui grandit dans un contexte spécifique, religieux ou philosophique, s’en imprègne immanquablement. Les idées, croyances et représentations véhiculées par ce contexte vont participer de son développement psychologique et de son approche du monde. Il adopte une grille de lecture de soi, des autres et de la société conforme au contexte dans lequel il baigne. Cela conditionne ses choix, ses actions, ses relations. Lire la suite
Adolescents et jeunes sous influence
Le débat passionné qui a agité le pays ces derniers mois autour de la notion de laïcité s’est nourri du cas polémique de quelques lycéennes réclamant le droit de porter le voile et d’afficher ostensiblement leurs convictions religieuses au sein même de l’école publique, pilier de l’idéal de neutralité républicaine prôné par la France. Cette mise en lumière d’une jeunesse aux convictions si affirmées qu’elle semblait prête à risquer l’exclusion dans l’affirmation de sa singularité, en provoquant l’incompréhension d’une grande partie de l’opinion qui l’a vécue comme une forme d’aliénation, a aussi réveillé chez nombre de parents la crainte de voir leurs enfants tomber sous influence. Dans les formes extrêmes de revendication que prend parfois l’engagement d’un adolescent, et faute d’y adhérer, voire simplement de l’admettre lorsqu’il heurte leurs propres convictions, les adultes voient souvent l’expression d’un processus d’embrigadement contre lequel ils se sentent totalement impuissants.
Que faire si son enfant est embrigadé
Ne pas le juger, le condamner trop hâtivement pour ses choix ou son engagement.
Toujours lui rappeler qu’on respecte sa liberté d’opinion même si on en souffre, évidemment.
Rester lucide face aux nombreuses sollicitations dont vous ne manquerez pas d’être l’objet, si votre enfant revient vers vous à l’instigation de son groupe, en agent prosélyte de sa communauté d’adoption.
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Pour agir en faveur d’un mineur dont on suspecte la mise en danger physique ou psychologique
Une simple requête sur papier libre au Procureur de la République du tribunal compétent peut suffire.
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Les enfants victimes de dérives sectaires
Selon les Renseignements Généraux, il y a 380 groupes sectaires en France et le député Jean-Pierre Brard avance le chiffre de 3.000 enfants qui en seraient victimes. Il s’agit là d’une estimation puisque l’on sait que certaines « communautés » n’inscrivent pas les nouveaux-nés à l’état -civil et qu’ensuite, les jeunes enfants restent parfois confinés au sein même des sectes.
Trois adultes évoquent leur enfance dans un milieu sectaire :
– Témoins de Jéhovah : la loi du silence
Prémunir les enfants de l’emprise sectaire
Les mineurs restent des proies vulnérables pour les organisations sectaires, malgré la protection « très inégale » des pouvoirs publics. En tant que « citoyens », les mineurs bénéficient de la protection de l’Etat et quelles que soient les croyances de leurs parents, ils sont en droit d’obtenir « une éducation complète et ouverte sur l’extérieur, de bénéficier de soins adaptés et éprouvés » et d’avoir accès à toutes les activités nécessaires à leur socialisation. C’est souvent à travers les parents que les sectes visent les enfants.
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Sectes : une influence mortifère et mélancolique
Selon Marcel Rufo, pédopsychiatre connu pour son travail en direction des adolescents, le plus dangereux dans les sectes est «l’influence mortifère et mélancolique» qui agit sur les personnes fragiles.
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Entre abandons scolaires et absence de soins
Le Burundi a recensé de nombreux abandons scolaires justifiés par une croyance selon laquelle « poursuivre ses études ne sert à rien puisque Jésus Christ, le Sauveur et prophète des chrétiens, doit revenir sur terre ».
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